le jardin des délices
Jérôme Bosch, 1501. 

A quelques années d'écart, Jérôme Bosch peint la même harpe sur la petite table des Sept péchés capitaux puis sur le volet droit du Jardin des délices terrestres. Son modèle est caractéristique de sa période & s'il n'en joue, cet instrument lui est familier: tous les détails techniques sont parfaitement restitués. Les chevilles & harpions sont en os ou ivoire & les cordes de boyau.

Le relevé des arcs de la console & des cordes démontre une extrème précision du travail & laisse supposer que Jérôme Bosch, ou un assistant qui l'installe d'abord, connaît le tracé de cette harpe. Vient ensuite la mise en perspective à la manière médiévale, vers le spectateur, au moment de poser les couleurs. En témoignent les contradictions de points de fuite, excluant de fait l'utilisation de la camara oscura.

La corde centrale D
est l'unité d'un double carré:

sa diagonale porte la caisse
& il est couronné d'un arc à la quinte A
qui ordonne les chevilles.

Les cordes aiguës dépassent les longueurs théoriques, jusqu'à plus d'un tiers pour la chanterelle.
Encordées avec un diamètre unique, elles sont d'une grande souplesse de toucher & particulièrement réactives aux harpions.
L'ordonnance du plan de cordes est mesurée par l'unité divisée en 28 parts.
Les cordes sont parallèles dans l'octave centrale.
Les bourdons & chanterelles
se retrouvent plus resserrés à la console.

La table d'harmonie vient en débord arrondi sur les éclisses,
disposition similaire à celle de la harpe de Vienne:


Italie du nord, 16e s. Kunsthistorisches Museum.