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Les premières représentations de la harpe sont inséparables d'un contexte chrétien & plus précisément attachées à l'image du prophète David, roi & musicien. Si l'occupation romaine y a introduit le christianisme, plusieurs missions jalonnent l'implantation de l'Église de Rome dans les îles Britanniques, pendant que les barbares se disputent le vieux monde latin. En 490, Théodoric le Grand, roi arien des Ostrogoths, envoie un poète joueur de cithare réclamé par Clovis pour célébrer ses victoires. C'est qu'avec Boèce puis Cassiodore, la cour de Ravenne connaît alors une renaissance musicale fondée sur la théorie grecque qui va faire référence pendant tout le Moyen-Âge. Augustin & ses 40 compagnons s'installent à Canterbury en 597. Envoyée par le pape Grégoire, la mission grégorienne chargée entre autres de réglementer le chant liturgique, implante avec tact le culte romain du Kent à la Northumbrie: Les temples abritant les idoles dudit pays ne seront pas détruits; seules les idoles se trouvant à l’intérieur le seront. Les Lombards originaires de Scandinavie & convertis à l'arianisme, coupent la péninsule italienne & isolent Rome. Vers 625, une lyre accompagne un roi d’Est-Anglie enterré dans le bateau funéraire de Sutton Hoo.
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Au milieu du 8e siècle, c'est de cet arc gaëlique, entre Irlande & Écosse liées au Kent, qu'apparaissent les premières images de David musicien. Le psautier Vespasien vient de Canterbury & l'Expositio psalmorum de Cassiodore d'un scriptorium de Northumbrie, implantés tous deux par la mission grégorienne. Alcuin, qui instaure l'Académie palatine à la cour d'Aix-la-Chapelle où Charlemagne prend le pseudonyme de David, vient de York.
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Sur le plat de reliure en ivoire de style Bas-Empire couvrant le psautier de Dagulf, se trouve une des premières figurations du psalterium carolingien ou harpe-psaltérion. Durant ce 9e siècle apparaissent dans les manuscrits des instruments aux cordes & formes multiples, tels décrits par Isidore de Séville. Certaines dispositions peuvent dériver de la lyre, mais le psautier d'Utrecht copié près de Reims montre bien cette variété de pluricordes dont beaucoup s'apparentent au psalterium. Celui-ci se retrouve dans les psautiers entre les mains d'un David souvent entouré des quatre co-auteurs des Psaumes retenus par saint Augustin. Ou encore, la colombe du Saint-Esprit vient lui souffler l'inspiration.
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Á partir de 884, avec le Liber Hymnorum de Notker de Saint Gall, se développent les tropes qui vont conduire à la polyphonie. En ce domaine, munie de ses deux plans de cordes, la harpe-psaltérion garde une primauté qu'elle conservera encore longtemps.
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Autour de l'an mille, le manuscrit anglo-saxon Junius présente un instrument avec une caisse percée d'ouies & une colonne, bien distinct du psalterium. Le psautier d'Utrecht recopié à Canterbury voit ses images réactualisées: sur de nombreuses illustrations, une harpe remplace le psaltérion carolingien. Accompagnant le psaume 131, figure absente de l'original champenois, David apparaît sur un trône avec ses attributs.
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Né dans le Dorset, Étienne Harding fondateur puis abbé du monastère de Cîteaux, fait copier les hymnes de saint Ambroise entre Metz & Milan. Il offre ainsi en 1111 l'une des premières représentations de David roi musicien sur le continent. Comme celui de Harley, il tient en sa main droite la virga qui accompagne le sceptre dans le rituel du couronnement des rois d'Angleterre au 9e siècle. Selon les Dlíthe na mBreithiúna, anciennes lois des juges gaëliques, Cruit is e aen dan ciuil indscin, dliges sairi cen imted la hordam: le cruit est un art musical auquel est due la noblesse sans appartenance à un autre rang. Par la suite, David est sculpté avec une harpe sur le portail royal de la cathédrale de Chartres, tandis qu'il devient un thème récurrent dans l'ornementation de l'initiale de son premier psaume, Beatus vir...
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références
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